Antonio Y Rafa
«Toujours de mon mieux»
Vainqueur impitoyable de Carlos Moya en trois manches, Rafael Nadal se réjouissait d'atteindre pour la 3e fois les demi-finales à Roland Garros. En attendant mieux.
Par Cédric Callier
A Roland Garros
Rafael, c'est la 3e année d'affilée que vous atteignez le stade des demi-finales ici, c'est quand même extraordinaire !
Rafael Nadal : C'est la troisième fois que j'arrive au niveau des demi-finales, effectivement. Je suis très heureux du tennis que j'ai joué aujourd'hui, notamment au cours du premier set. C'est très important pour moi car je joue beaucoup mieux, surtout depuis les trois premiers tours. Pour moi, arriver en demi-finales, c'est déjà un très beau résultat. J'approche de la finale. Je vais jouer de mon mieux contre Djokovic, ce sera un très beau match.
En revanche, ce n'est pas très sympa de traiter votre ami de cette façon, en le battant en 3 sets et en lui infligeant un 6/0 dans la dernière manche...
Rafael Nadal : Oui, peut-être. (sourire) On s'est parlé un peu aux vestiaires, après le match, mais on n'a rien dit du match. Le match a mieux tourné pour moi que pour lui, c'est évident. Vous savez, je fais toujours de mon mieux. Je pense que nous avons tous les deux entamé le match avec un doute à l'esprit, d'un côté comme de l'autre. Ensuite, j'ai mieux joué, lui a eu quelques problèmes, il a fait quelques erreurs sur son revers. Cela a été un avantage pour moi. Cela étant, il a joué un très beau tournoi et je suis très heureux pour lui parce qu'il revient au top. Il a fait une demi-finale à Hambourg, un quart de finale ici, ce sont de très beaux résultats.
Vous n'avez pas eu un peu de mal à gagner le troisième set 6/0 ?
Rafael Nadal : Non, je ne crois pas que ce soit douloureux pour lui ni pour moi. Cela fait partie du jeu. Sa défaite lui a fait un peu mal, mais parce qu'il a perdu un quart de finale à Roland Garros. Et moi je suis tout aussi content que si j'avais gagné contre n'importe qui, parce que je vais être en demi-finales de Roland Garros. Si j'avais perdu, oui, je serais triste. Tout comme si j'avais perdu contre qui que ce soit. Mais il est certain que c'est le joueur contre lequel j'aurais le moins aimé perdre.
Pouvez-vous comparer votre état physique aujourd'hui à celui que vous aviez l'année dernière, quand vous êtes arrivé en demi-finales ?
Rafael Nadal : Il est toujours difficile de faire des comparaisons, c'est une autre année, la situation est différente. Si je devais faire une comparaison, je dirais que je joue mieux cette année que l'année dernière. Mais dans tous les tournois, j'essaie d'améliorer mon jeu, et je suis très heureux que cela fonctionne. C'est vrai que je me sens plus à l'aise aujourd'hui, je suis en demi-finales, il y a deux jours j'avais déjà joué un très beau match. C'est vrai qu'aujourd'hui, je me sens encore mieux parce que je me rends compte que je peux jouer des jeux différents, que je peux être agressif quand il le faut, défensif quand il le faut. C'est un avantage, par comparaison à l'année dernière.
Avec un peu de recul, quel est l'avantage pour vous d'avoir un autre très grand joueur comme Roger Federer sur le circuit ? Est-ce un avantage ou préféreriez-vous qu'il ne soit pas là du tout, comme cela vous pourriez dominer ?
Rafael Nadal : Je prends le deuxième choix, c'est bien mieux ! (rires) Mais si Roger n'était pas là, ce serait peut-être un autre... Non, pour moi c'est toujours agréable et cela donne une motivation supplémentaire que de savoir qu'il y a quelqu'un devant vous. C'est bon de descendre sur le court tous les jours, de s'entraîner et de se dire que l'on peut mieux jouer. Mieux que ce que je suis en train de faire maintenant. C'est ce que je pense de Roger, il peut jouer tellement mieux que tous les autres. Quand on regarde son jeu et qu'on retourne sur le terrain pour s'entraîner, tout à coup on se met à réfléchir à son jeu. Si j'étais numéro 1, si je savais qu'il n'y a personne au dessus de moi... Bien sûr, j'ai toujours un bon mental et je pense que je réussirai toujours à me motiver pour m'améliorer, mais dans ma position de challenger, c'est plus facile.
Que pouvez-vous nous dire de Djokovic, de son jeu et de la tactique que vous allez mettre en ½uvre contre lui ?
Rafael Nadal : J'ai joué contre lui à Miami, à Rome. Il joue très bien, il est numéro 3 mondial, il monte cette année. C'est vrai qu'il joue très bien. Il s'est beaucoup amélioré cette année, il a un énorme potentiel, je m'attends à un match très disputé en demi-finale. Mais, vous savez, à ce niveau-là, c'est toujours le cas, il faut toujours mieux jouer, avoir la meilleure tactique et c'est comme cela que l'on gagne.
Vous venez de célébrer votre anniversaire. En tant que double détenteur du titre, vous sentez-vous encore jeune quand vous venez jouer ici ?
Rafael Nadal : Pourquoi pas, j'ai 21 ans ! Vous êtes en train de vous dire : « En fait, Djokovic est le petit jeune et moi je deviens vieux. » Attendez, il n'a qu'un an de moins que moi ! Ce n'est que la troisième année que je joue à Roland Garros... Quatrième... Cinquième... ? Cinq fois pour moi ? Je n'ai que 21 ans, ce n'est pas possible ! Je ne me rends pas compte...
Pouvez-vous nous dire ce que vous savez de ce qui s'est passé en Espagne quand vous étiez en train de jouer ? Pensez-vous que les gens étaient totalement déchirés en voyant deux Espagnols s'affronter ?
Rafael Nadal : Je ne sais pas. Carlos est quelqu'un de très agréable et tout le monde l'aime. Par contre, je ne sais pas ce qu'ils pensent de moi, je ne peux rien dire. Mais je pense qu'en Espagne, des gens voudraient être Carlos, d'autres voudraient être moi.




